La belle montagne d'à côté

La montagne

Notre histoire

Après l’arrivée de plusieurs familles, le 2 décembre 1858, les habitants de « La Montagne », c’était le nom donné à ce lieu, présentèrent une requête à l’évêque des Trois-Rivières, Monseigneur Thomas Cooke lui demandant d’y fonder une paroisse. Les démarches complétées, le 30 décembre 1858, Monseigneur Cooke érigea canoniquement la paroisse sous le vocable de Notre-Dame-du-Mont-Carmel. Le vocable de Notre-Dame-du-Mont-Carmel a été suggéré par lepremier curé, Monsieur Théophile Sicar De Carufel, en souvenir du Mont-Carmel de la Terre Sainte (Palestine). L’ajout de Notre-Dame était dans le but de confier les paroissiens à la protection de la Vierge Marie. La fête patronale a été fixée au 16 juillet du calendrier liturgique.

Les armoiries de Notre-Dame du Mont-Carmel

Les trois bandes verticales représentent la situation géographique de Notre-Dame-du-Mont-Carmel, municipalité autonome située entre les villes voisines de Shawinigan et de Trois-Rivières. Leur subdivision en six parties de couleurs alternées, ver et or, illustre l’importance de l’agriculture dans l’histoire de la Municipalité. La partie arrondie de la pointe, formant un mont, évoque visuellement le nom de notre-Dame-du-Mont-Carmel. La croix, symbolisant l’héritage catholique de la municipalité, rappelle celle qui est érigée sur sa montagne. La fleur de lis et les feuilles d’érable situent respectivement la Municipalité dans le Québec et le Canada.


L'ancien Mont-Carmel étant séparé en 6 rangs, donc le rang de La Montagne, le rang St-Flavien parallèle au fleuve St-Laurent. Le village était originairement établit sur le rang St-Flavien. Autrefois, l'appellation de la municipalité était Mont-Carmel-Valmont, «Valmont» signifiant vallée et montagne (relatant l'intime liaison entre la montagne et la grande plaine qui s'étend et s'abaisse par une pente douce vers le fleuve St-Laurent). 


EXTRAIT DU ...

La montagne du Carmel, élevée de plusieurs cents pieds au-dessus du niveau du St-Laurent, est jetée, comme un rempart de ville fortifiée, au milieu d'une grande plaine légèrement ondulée, entre le grand fleuve, d'un côté, et de l'autre les hautes chaines des Laurentides, dont elle est complètement séparée dans la partie ouest, et reliée à ces mêmes chaînes, vers le nord-est, dans le comté de Portneuf. Son extrêmité ouest, de forme arrondie, ressemblant un peu à une île, s'incline doucement dans une large vallée, qui se prolonge dans les Comtés de St-Meurice et de Maskinongé.


Suivant des indices nombeux, qui n'échappent pas à l'oeil de l'observateur attentif, cette montagne a longtemps été baignée et battue par les grandes eaux. 


Sa partie supérieure forme un large plateau, autrefois couvert de bois francs, particulièrement d'érables séculaires, et maintenant livré à la culture, à l'exception d'une certaine étendue de terres réservées pour des érablières. Ces terrains composés de différents sables, de graviers, de cailloux roulés recouverts d'une couche d'humus, étaient d'une grande fertilité à l'époque des défrichements. Une culture à outrance les a étrangement appauvris. Cependant, depuis un certain nombre d'années, les cultivateurs se sont appliqués, par divers moyens, à leur donner une nouvelle vigueur. 

La montagne s'étend et s'abaisse vers le nord-est, dans la direction de la paroisse de St-Narcisse, où le chemin de fer des Grandes Piles la traverse, en décrivant une ligne courbe très prononcée. Le sommet de la montagne est avantageusement disposé pour offrir un champ immense d'observations. Durant la belle saison, le visiteur a toutes les facilités de l'atteindre. De ce point culminant, il voit à ses pieds se dérouler les campagnes verdoyantes de la rive nord du grand fleuve. Aux différentes heures du jour, son oeil distingue et suit avec plaisir, à de grandes distances, les convois du chemin de fer des Piles et du Pacifique Canadien, qui se dirigent vers la ville de Trois-Rivières ou s'en éloignent, laissant à leur suite une longue traînée de vapeurs blanches qui se dissipent bientôt dans les airs. 


Ici et là, à travers les bosquets, le St-Laurent sillonné par de nombreux vaisseaux; laisse entrevoir, comme une large bande d'argent, la surface de ses eaux profondes qui baignent la ville trifluvienne, le village de Notre-Dame du Cap, celui de Ste-Angèle et autres. 

La rive sud du fleuve apparaît aussi également belle et riante, avec les différentes et nombreuses paroisses qui s'élèvent en amphithéâtre vers les Cantons de l'Est. 


À droite et à gauche, sur divers points, les clochers de plusieurs églises dominent les nombreux bosquets et dressent fièrement vers le ciel leurs flèches brillantes et élancées. 


À l'arrière plan viennent les chaines de montagnes, dont les lignes variées et les crêtes aux formes multiples se dessinent dans le ciel bleu et sont faciles à suivre du regard, sur une étendue de trente à quarante lieues.

Les imposantes montagnes de Richmond, Danville, Tingwick, Arthabaska, de Ham et celles plus éloignées de Halifax, de la Beauce, passent instantanément sous les yeux de spectateur. 


Elles forment comme un haut et majestueux mur de séparation entre le Canada et la République Américaine. 

Là-bas, vers le sud-ouest, apparaît le beau et gracieux lac St-Pierre. Sur le vaste étendue de ses eaux limpides, les rayons du soleil, durant les beaux jours de l'été, forment de multiples filets d'argent qui s'agitent en tous sens. On dirait aussi une infinité d'étincelles électriques qui jaillissent de l'élément liquide et parcourent incessamment l'immense région des nuages. 


Dans un lointain moins défini et plus nuageux, se dresse aussi fièrement la montagne de Beloeil. Au-delà encore, à peur de distance, semble se montrer d'une manière assez distincte à de bons yeux, l'historique et célèbre Mont-Royal. 

Dans cet immense et riche nature baignée d'un océan de lumière, cet ensemble de scènes variées et pittoresques forme un panorama aux proportions colossales. Ces gigantesques horizons surprennent agréablement, étonnent et réjouissent les yeux de l'observateur qui ne peut se lasser de les admirer, de les contempler durant de longues heures.



LE RANG ST-FLAVIEN

Pendant l'année 1852, M. Edouard Levasseur, originaire de la banlieue des Trois-Rivières, époux de Dame Rose-de-Lima Belisle, alla fixer son séjour à la montagne, sur le lot désigné par le numéro 59, et se mit à l'oeuvre avec ardeur pour faire chaque année des défrichements et subvenir aux besoins de sa famille. 

Le plateau de la montagne offrait le sérieux inconvénient de manquer complètement d'eau. Pour s'en procurer, il fallait descendre du sommet, afin de la puiser dans les sources nombreuses qui surgissent abondantes à la base. 

Messieurs les notaires V. Guillet et F. de Lottinville, des Trois-Rivières, faisant exécuter des travaux de défrichements non loin de la propriété de M. Levasseur, tentèrent un grand effort pour atteindre l'élément liquide sur le sommet de la montagne en faisant creuser un puits d'une profondeur de 80 pieds. Ce travail dispendieux est demeuré inutile, et l'eau a toujours refusé avec opiniâtreté de se rendre aux désirs des propriétaires. Ce trou profond n'étant pas assez solidement fermé, est devenu un danger pour les animaux. Un cheval appartenant à M. François Thellend et conduit par un jeune homme, passait là un jour, au commencement de l'hiver, et se précipita dans cet abîme caché, où il trouva la mort. 

À la suite de M. E. Levasseur, MM. M.Courteau, E. Grondin, Moïse Brunelle et d'autres colons vinrent se placer au même endroit, ou dans les environs. Cependant, après un séjour plus ou moins long, ils quittèrent tous ce lieu pour aller se fixer ailleurs. 

La colonisation faisait évidemment des progrès rapides dans les rangs St-Félix et St-Louis. Le rang St-Flavien, offrant moins d'avantages, demeurait plus stationnaire. 

En laissant la montagne, M. E. Levasseur alla s'établir dans la partie ouest du rang St-Flavien, et continua d'élever chrétiennement sa nombreuse famille. Plus tard, il prit le parti d'émigrer aux États-unis, où il mourut dans un âge avancé.


LES LACS

Les lacs de la paroisse sont au nombre de deux seulement : le lac Lambert et le lac Trotochaud. 


Lac Lambert - Ce lac est situé sur le versant nord de la montagne, à petite distance du rang St-Louis. Son niveau ne parait pas beaucoup inférieur à celui du grand plateau de la montagne. Il offre un caractère curieux, étrange même et tout différent de celui des autres lacs, ne recevant ostensiblement ses eaux d'aucune source et n'ayant aucune décharge pour les conduire à la rivière voisine. Durant toute l'année le niveau de ses eaux est à peu près stationnaire. 

















Les poissons de toutes espèces semblent complètement exclus de ses eaux limpides et solitaire. 

Les grands vents ont peu d'accès à sa surface pour troubler la limpidité de ses ondes, qui sont parfois visitées par les canards et les outardes. De forme ovale, il a une étendue de cinq arpents en longueur et de trois arpents en largeur, avec une profondeur de vingt cinq à trente pieds. 

Ce lac est évidemment un aqueduc naturel alimenté par les lacs des hauts sommets des Laurentides, qui lui transmettent leurs eaux d'une manière imperceptible. Toujours par des canaux invisibles, il pousse et dirige les eaux reçues vers les différents points de la montagne, les déverse dans la plaine par des sources nombreuses servant à former les ruisseaux et les petites rivières, comme celle de Champlain et autres.

L'étude de ce jeu de la nature, qui semble eu opposition avec les lois physiques, ne manque certainement pas de piquer la curiosité et d'exciter l'intérêt du touriste qui visite cette belle nappe d'eau.


Lac Trotochaud - Celui-ci diffère du premier par sa position, par une étendue plus considérable et par la composition de ses eaux. 

Il est situé au bord de la grande savane vulgairement nommée Grand Pelé, avec laquelle il a des communications souterraines. Salongueur est d'environ vingt arpents, et sa largeur de dix arpents. 

De forme ovale, comme le premier, ses rivages sont plats, très unis. Ses eaux chargées d'oxide de fer, peu profondes et peu poissoneuses, se déversent lentement dans la petite rivière Cachée. 

Bien abrité par la haute montagne et protégé aussi par les jeunes arbres qui l'entourent, sa surface n'est pas très exposée à swubir l'action des vents impétueux. Aussi, durant les jours du printemps et de l'automne, est-il le rendez-vous des canards et des outardes, qui trouvent facilement dans ses ondes tranquilles le repas et la nourriture préparée avec sollicitude par la divine Providence.

Dans tout son ensemble, ce lac offre un aspect très agréable à l'oeil de l'amateur de chasse.


GRANDE SAVANE

Au nord du lac précédemment désigné, on voit des terrains incultes et pour le moment inhabitables de plusieurs milles ou superficie. Ils sont composés d'une tourbe noire accumulée, noyée dans une eau abondante et recouverte d'une forte couche de mousse, plus ou moins consistante, entremêlée parfois de racines de broussailles qui la soutiennent et l'affermissent un peu. 

En mille endroits différents, ce tapis de verdure est percé de manière à former une multitude de petits étangs de dimensions diverses et de contours très irréguliers. Leurs eaux claires reflètent les rayons du soleil et attirent de loin les oiseaux aquatiques. 

vue du sommet de la montagne, cette large et profonde solitude à l'apparence d'immenses prairies baignées par les grandes pluies d'automne.

Ça et là, au sein de cette nature sauvage, en aperçoit des côteaux sablonneux couverts de petits arbres annonçant peu de vigueur, attestant même une vie languissante. 


Sur la lisière des forêts voisines, on peut encore distinguer des traces de minerai de fer, autrefois très abondant, mais aujourd'hui à peu près complètement épuisé. 

En ces lieux retirés croissent une foule d'arbrisseaux, aux fruits divers et agréables au goût. Les bleuets, les atocas et autre fruits, qui donnent un rendement considérable, sont recherchés et recueillis, chaque année, avec beaucoup de soin. Plusieurs familles de la paroisse réalisent de bons profits en faisant cette cueillette.


À l'époque de la maturité des fruits, les oiseaux et les bêtes sauvages sortent des forêts voisines et viennent dans cette vallée solitaire réclamer leur part de nourriture à ce banquet préparé et offert par le Créateur, qui donne à l'homme le pain de chaque jour, aux petits des oiseaux leur pâture, et qui ne cesse de subvenir, avec une libéralité divine, à tous les besoins des animaux de la terre.


Ce vaste territoire était jadis le domaine pacifique des chevreuils, des caribous, des orignaux qui menaient en ces parages une existence paisible, loin des poursuites et des atteintes des cruels chasseurs. Mais depuis cette époque fortunée, poursuivis, harcelés sans merci, ils sont tombés en grand nombre sous les balles meurtrières de l'homme, leur maître, leur Souverain, par la volonté de Dieu, et devenu, depuis sa chute, leur implacable et mortel ennemi.


LES RIVIÈRES 

Les eaux de la Grande Savane semblent se partager de manière à se diriger vers deux points principaux, le nord et l'ouest, pour tomber dans les ruisseaux et petites rivières, qui les conduisent à la grande rivière St-Maurice. Une troisième partie de ces eaux s'incline vers le sud-est et se jette dans la rivière au Lard, tributaire de la rivière Champlain.

Un mot d'observations sur ces petits cours d'eau, peut avoir son utilité.


Rivière aux tourtes - La rivière aux Tourtes prend sa source au nord de la Grande Savane et se dirige vers l'onest par pente douce qui s'accentue et forme de profonds ravins bordés d'épaisses forêts, dans lesquelles autrefois les bêtes sauvages, spécialement les ours, trouvaient un asile et un refuge contre les poursuites des chasseurs. Dans sa course vers la rivière St-Maurice, elle traverse une contrée fertile dont une partie est encore bien boisée.

Depuis l'ouverture des chemins, les travaux de défrichements ont été poussés avec une grande activité. Aujourd'hui les terres donnent aux cultivateurs d'excellentes et abondantes récoltes. 

Ces terrains sont, à n'en pas douter, le résultat d'un bouleversement du sol causé par un tremblement de terre, à une époque reculée, probablement en l'année 1663.

Cette secousse a produit un ébranlement dont la conséquence a été de faire glisser dans le St-Maurice, en forme de demi cercle, une masse de terre d'une étendue de plusieurs cents arpents. La rivière a dû être complètement obstruée. Ses eaux, en se traçant énergiquement un passage à travers l'éboulis, ont formé l'île aux Tourtes, qui parait reposer en partie sur des arbres renversés. Cette portion des rangs St-Mathieu, St-Pierre et St-Michel est devenu le «grenier» de la paroisse.


Rivière «Cachée» - La rivière «Cachée» prend sa source au lac Trotochaud, conduit d'abord doucement ses eaux et accélère ensuite sa course sous des arbres au feuillage épais penchés sur ses bords. Dans leur parcours, ses eaux traversent des terrains sablonneux, franchissent plus d'une petite chute, et arrivent bruyamment à son embouchure sur un lit de cailloux roulés, pour se jeter dans la rivière St-Maurice, à un endroit nommé Fer à Cheval, au-dessous de la chute des Grès. 

On distingue encore sur la pointe formée par les deux rivières, les restes d'une ancienne scierie construite par un étranger venu d'Écosse.

À l'époque des grandes eaux du printemps, le poisson est abondant et la pêche agréable à l'embouchure de la rivière Cachée. Durant la saison de l'été, la pêche de la petite truite donne aussi des moments de jouissance aux amateurs.


Rivière de l'îlet - Cett petite rivière parait prendre sa source aux deraières ondulations des côteaux sablonneux du rang St-Flavien. Elle s'incline d'abord légèrement vers le sur, pour se tourner ensuite vers l'ouest. Ses eaux pures, limpides, très aimées de la truite, coulent facilement sur un beau lit de sable jaune et arrivent au St-Maurice un peu au-dessous d'un petite île, à un endroit appelé «Pointe à Baptême».

Sur cette rivière, à une petite distance du St-Maurice se trouvait l'établissement des «Forges de l'Îlet» appartenant à Messieurs McDougall, des Trois-Rivières. 

Cet établissement fut florissant et bien fréquenté durant plusieurs années. Un petit village très animé a surgi sur l'emplacement des «Forges». La plus grande activité régnait là et dans les environs. Les cultivateurs du rang St-Flavien travaillaient avec ardeur pour couper le bois sur leurs terres et le transporter aux «Forges», où il était converti en charbon. Ce commerce était sans doute rémunérateur; mais l'enlèvement à peu près complet de ce combustible a été probablement désavantageux et propre à appauvrir le sol. 

Le minerai de fer, qui avait déjà été si recherché et enlevé pour alimenter les fourneaux des Vieilles Forges, est venu à manquer. L'établissement a été fermé, et le village est village est aujourd'hui disparu.


LE ST-MAURICE

La rivière St-Maurice, l'une des plus grandes et des plus belles du Canada, sert de bornes à Notre-Dame du Mont-Carmel et l'entoure comme d'une ceinture, dans une partie de son étendue, en décrivant une courbe très prononcée de l'extrémité ouest du rang St-Félix à la limite nord du rang St-Mathieu.


Ses eaux brunes, ferrugineuses, abondantes, venant des lacs lointains des montagnes du nord, reçoivent, dans leur parcours, une augmentation considérable de volume par l'addition des eaux d'une multitude d'autres rivières et de lacs distribués au sein des Laurentides. De ces lieux éloignés elles descendent vers le sud-est sur des sables jaunes, à travers des graviers, des cailloux roulés, entre des rochers abrupts, des montagnes escarpées, dont les unes tombent perpendiculairement dans la rivière, les autres s'élèvent graduellement de ses bords à des milles de distance, enrichies d'épaisses forêts verdoyantes, offrant l'image d'immenses tapis de forme et de couleur très variées. 


Poursuivant leur course tantôt lente, tantôt accélérée, les eaux s'agitent et se brisent avec grand bruit dans de fortes chutes, dans des rapides longs et nombreux. Elles décrivent parfois de longs circuits, de grands détours, formant par tous ces caprices de la nature des pointes qui déterminent de forts courants, dont la vitesse rend la navigation difficile et dangereuse. Aussi sont-ils nombreux les infortunés voyageurs qui ont trouvé la mort dans les ondes perfides du St-Maurice.


Au sein de ces eaux redoutables s'est noyé le Rév. M. James Harper, au cours d'une mission laborieuse, non loin de l'embouchure de la rivière Vermillon. 


On à peine à se faire une idée des fatigues, des souffrances de milliers de personnes qui n'ont cessé, depuis un temps immémorial, de parcourir en tous sens cette rivières. Elle a été le témoin d'événements divers qui l'ont rendue célèbre dans l'histoire du Canada. 

L'illustre découvreur Jacques-Cartier l'a visitée à son embouchure, où il a planté une grande croix sur la pointe d'une île, manifestant en cela sa foi vive et voulant, par cet acte religieux, prendre possession de cette contrée, au nom de son Souverain et du Christ Roi. 


Cette rivière a vu passer des légions de sauvages descendant aux Trois-Rivières chargés de fourrures, pour faire la traite avec les compagnies marchandes et rapporter, en retour, dans la profondeur des bois des munitions, des vêtements et divers objets qui piquaient leur curiosité.

Des prêtres dévoués, animés de l'esprit de sacrifice, allant à la conquête des âmes, ont bien des fois suivi son cours pour porter aux tribus indiennes, au péril même de leur vie la lumière de la vérité, la paix et le saut. 

Le Rév. Père Jacques Buteux, jésuite, un de ces héroïques missionnaires, a été massacré dans le voisinage des Grandes Pointes, au-dessus de la Tuque, par ces cruels enfants des bois. 


Des combats nombreux, acharnés et sanglants entre tribus sauvages ou entre les Blancs et les Indiens, ont sans doute été livrés sur les bords de cette célèbre rivière. 


Aujourd'hui la plupart des sauvages, sinon tous, ont été éclairés des lumières de l'Évangile, et vivent d'une manière plus pacifique et plus chrétienne. 


RAPIDE DES FORGES

De la baie de Shawinigan au fleuve St-Laurent, les eaux du St-Maurice sont agitées dans la chute des Grès d'abord, et plus bas dans le rapide des Forges, qui ne manque pas d'attirer les regards des voyageurs.


À l'ouest, sur une pointe formée par la rivière et par un ruisseau aux ondes pures et limpides, était situé le grand et important établissement des Vieilles Forges. 


Le Mont-Carmel a fourni sa large part de matériaux en bois, en charbon, en minerai de fer, pour alimenter les fourneaux de la Compagnie [Les Vieilles Forges]. (image 29)


Sur l'ordre de M. Bell, propriétaire des Forges, les érables de la montagne, si remarquables par leur quantité et leur grosseur, ont été abattus, convertis en charbon et transportés aux Forges par des chemins directs, vulgairement appelés chemins de bannes, ouverts dans ce but à travers les épaisses forêts. 

Le minerai de fer, alors très abondant, a été aussi transporté de la même manière. 

cet établissement si considérable est disparu. Un antique édifice en pierre construit par les Français, tout près du St-Maurice, a été démoli  ces années dernières. Il était le seul et dernier témoin d'un passé plein d'intéressants souvenirs. 


CHUTE DES GRÈS

La chute des Grès, hante de plusieurs pieds, se trouve à mi-distance environ entre Shawinigan et le rapide des Forges. Son aspect agréable, imposant même, est loin cependant d'impressionner le visiteur, de captiver son attention comme le spectacle grandiose offert par les incomparables chutes de Shawinigan.

Durant plusieurs années, le pouvoir d'eau des Grès a été utilisé par M.A. Baptist, commerçant de bois des Trois-Rivières. Possesseur de limites considérables dans la région du St-Maurice, il fit construire, près de la chute, d'importantes scieries qui furent longtemps en opération. 

Pour obvier à un inconvénient offert par le rapide d'un mille de longueur, au-dessous de la chute, un canal en madriers avait été fait le long de la côte pour recevoir tout le bois scié. L'eau introduite en quantité suffisante dans cette rivière artificielle, emportait promptement les morceaux de bois à l'extrémité inférieure.

À cet endroit nommé remou de la Gabelle, les pièces de bois étaient rassemblées, liées ensemble et transportées par les flots à l'embouchure de la rivière. Là, le bois étant chargé sur des vaisseaux, on le transportait en Europe ou aux États-Unis. Depuis la disparition de cet établissement, une compagnie industrielle, dit-on, a acheté ce magnifique pourvoir d'eau des Grès, pour installer bientôt des usines sur l'emplacement des anciennes scieries. 


CHUTE DE SHAWINIGAN

Depuis le moment où ont été inaugurés les travaux faits par des compagnies industrielles pour exploiter les puissants pourvoirs d'eau de la rivière St-Maurice, le nom des chutes de Shawinigan est devenu célèbre. Tous les échos de la Puissance de Canada le répètent à l'envi. Il retentit même au-delà des frontières, chez des peuples étrangers.

Ces chutes, autrefois peu connues et d'un accès difficile, sont aujourd'hui visitées par une foule de touristes qui ne peuvent se lasser d'en admirer le site, la forme et les beautés pittoresques. Elles offrent, en effet, à l'oeil qui les contemple un spectacle grandiose. Dans leur langage énergique et pénétrant, elle proclament hautement la grandeur, la puissance, la majesté infinie de Dieu. 

Des voyageurs qui ont vu les grandes chutes du St-Laurent, la trouvent d'une beauté extraordinaire, lui permettant de soutenir avantageusement la comparaison avec celle des cataractes de Niagara. 

La voix sonore de cette merveille de la nature se fait entendre à de grandes distances. Elle se manifeste par un grondement continu, incessant, semblable à celui des flots d'une mer battue par la tempête.


















À certains moments, sous l'action de courants d'air variés, qui le voilent un instant, soudain le bruit s'accentue davantage et se propage avec une nouvelle intensité, ressemblant beaucoup aux formidables roulements du tonnerre pendant les violents orages de l'été. Ces solennels accents de la majestueuse voix des chutes sont fidèlement reçus et répercutés par tous les échos des montagnes voisines. 

Les énormes masses liquides qui se précipitent et se brisent avec un horrible fracas, sur des rochers inébranlables, semblent imprimer au sol un tremblement dont les ondulations multiples se font sentir à plusieurs cents pieds de distance, sous les pas des visiteurs. 

Les sentier ardus et difficiles d'autrefois, ont fait place à de bons chemins permettant au touriste d'atteindre facilement les bords de la rivière qui, à raison de ses côtes élevés et couvertes de forêts, ne peut être aperçue de loin. 

Un des endroits les plus favorables pour bien observer les chutes, dans leur ensemble, les contempler sous leurs divers aspects, est celui nommé Table du Gouverneur. De ce point élevé, le visiteur jouit à son aise d'un spectacle inoubliable. 

Les eaux volumineuse de la rivière, déjà brusquement secouées dans leur passage à travers la chute de Grand-Mère et le rapide des Hêtres, trouvent un moment de calme, dans un vaste et beau bassin qui à l'apparence d'un lac tranquille. 

Mais bientôt reprenant leur course accélérée, et glissant légèrement le long d'un groupe d'îles, dont la plus grande s'appuie sur le bord même des chutes, elles arrivent du nord-est et de l'est par deux larges branches, qui se tournent l'une vers l'autre pour se réunir. 

Ces deux immenses nappes d'eau tombent dans un gouffre d'une profondeur de près de deux cents pieds. Elles s'entrechoquent, bondissent, se brisent avec un violence extrême. Des gerbes énormes, lancées dans les airs à une grande hauteur, retombent écumantes pour se jeter de nouveau les unes sur les autres, se briser encore avec un bruit et une fureur indescriptibles. Dans leur course vertigineuse, les bagues furibondes viennent directement frapper d'énormes rochers abrupts, qui les arrêtent soudain paralysent leur fureur, les broient et les rejettent dans l'abîme avec une égale violence.

Les eaux tourmentées et bouillonents se partagent ensuite en deux grands courants, dont l'un se dirige à droite et l'autre à gauche. 

Alors se produit un phénomène curieux et bien digne d'attention, peu remarqué, sans doute, de la plupart des visiteurs. Les flots tumultueux, violemment poussés vers le sud-est, s'accumulent dans un grand bassin vulgairement nommé Remou du diable. Quand cette masse liquide dont le niveau s'est élevé graduellement, est devenue assez lourde pour l'emporter sur les courants du centre, qui l'ont retenue prisonnière durant quelques minutes, elle réussit à s'échapper en traversant victorieusement les couches inférieures de ces ondes courroucées,  dont la force parait pourtant irrésistible. 

Des morceaux de bois flottant dans le grand remou, suivent le mouvement qui les attire vers le centre des chutes; mais aussitôt ils sont écartés et poussés avec une énergique vigueur vers le fond du bassin d'où ils sont venus. Ils tournent incessamment en tous sens, frappent les uns contre les autres, et travaillent ainsi réciproquement à leur destruction.

Ces mouvements réguliers des eaux se renouvellent et se répètent durant tous les jours de l'année. 

Le vaste réservoir des chutes débordant d'ondes bouillonnantes, qui se soulèvent, s'abaissent, s'élancent vers le ciel, ressemble à un gigantesque bassin rempli d'un liquide n ébullition, incessamment tourmenté par des torrents de flammes invisibles. 

Les eaux bondissantes des chutes terminent leur lutte acharnée, frénétique, en se repliant sur la droite, dans la direction nord-ouest, et se dirigent tumultueusement vers un passage excessivement resserré. Elles le franchissent avec une vitesse indicible et se précipitent en grosse vagues écumantes dans une grande bais, qui s'ouvre largement pour les recevoir.

Là elles s'aplanissent peu à peu; elles se calment et s'endorment. La surface de cette vaste nappe d'eau devient unie, luisante et semble tout à fait immobile. 


Les milliers de flocons blancs d'écume qui la couvrent, ont l'apparence de nombreuses bandes d'oiseaux de mer qui, longtemps ballottés et fatigués par les efforts de la tempête, sont tout fiers et heureux de se reposer dans une onde pacifique et bienfaisant. 

L'aspect se remarquable des chutes varie avec les saisons. Sous l'action des froids rigoureux de l'hiver, leurs bords se couvrent de glaces épaisses, qui emprisonnent et font disparaître aux regard des visiteurs les eaux les moins rapides. Les courants les plus agités demeurent sans cesse découverts. Parfois, de leur centre monte dans les airs, à une hauteur considérable, une large et épaisse colonne de blanches vapeurs condensées, qui indique au loin et d'un manière précise, le site de ces magnifiques et imposants pourvoirs d'eau. 

D'autres fois, sous le souffle modéré des vents, les vapeurs se déposent abondamment sur les branches des nombreux arbres voisins, se changent en givre, et produisent sous l'action des rayons solaires, des millions de cristaux et de diamants. 

À l'époque de la belle saison, elles s'élèvent, montent légèrement dans les airs, se condensent et retombent sur les forêts voisines en une pluie douce et rafraîchissante. 

Durant les jours sereins et ensoleillés, les couleurs brillantes de l'arc-en-ciel réjouissent et charment les yeux du spectateur. 

En présence de cette nature si grandiose, le visiteur s'éloigne à regret de ces lieux particulièrement remarquables, avec le désir sincère et ardent d'y revenir bientôt, pour les contempler encore dans toute leur grande et majestueuse beauté. 


TERRAINS

Le lecteur a pu le remarquer déjà par les notes précédentes, le sol de la paroisse est d'une nature variée et d'une consistance inégale.

Dans l'ensemble du territoire, on trouve des terres propres à toutes les cultures. 

Les rangs St-Félix et St-Louis étalent à la vue du cultivateurs des terres noires, étendues et profondes. Le rang St-Flavien et la partie ouest du rang St-Louis offrent aux regards des terrains sablonneux. Les rangs St-Michel, St-Pierre et St-Mathieu réjouissent les yeux des propriétaires par leurs terres argileuses, riches et fécondes. 


FORÊTS

Les forêts du Mont-Carmel étaient jadis d'une richesse peu ordinaire. Les arbres étaient, longs, pleins de vigueur. Les érables, les merisiers, les hêtres, les tilleuiles, les cèdres, les épinettes, les pins présentaient avec orgueil, à l'admiration des colons et des voyageurs, leurs belles formes, leurs trones vigoureux, élancés, leur épaisse et riche verdure. 

Depuis longtemps, l'exploitation du bois a été faire sur une grande échelle, poussée constamment avec beaucoup d'activité; néanmoins, dans certaines parties on trouve encore, au milieu des forêts conservées, des arbres d'une grande valeur. 

Au milieu des terrains défrichés, l'observateur peut aujourd'hui encore trouver facilement la preuve non équivoque de cette végétation extraordinaire d'autrefois. 

En différents endroits de la paroisse, sur des côteaux sablonneux et ailleurs, on voit plusieurs énormes souches de pin, témoins véridiques et éloquents d'une époque éloignée, qui se conservent bien, résistent d'une manière victorieuse à toutes les injures du temps. 


MINES DE FER

Le minerai de fer était autrefois répandu en immense quantité au nord-est comme à l'ouest de la rivière St-Maurice. Dans la Grande Savane, sur la lisière des bois, sur la pente des côteaux, au centre même des forêts, on en trouvait des couches considérables. La plus grande partie a été transportée et fondue à l'établissement des Vieilles Forges. Les Forges de Îlet ont reçu et absorbé à peu près tout le reste. Les derniers fragments de minerai, trouvés sur les terres, sont transportés par les cultivateurs aux Forges Radnor, dans la paroisse de St-Maurice.

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